Le témoin espère une indemnisation après le procès Ntaganda pour les maisons incendiées

Une femme congolaise, qui a été retenue en captivité par les troupes rebelles, a déclaré souhaiter obtenir des réparations après la conclusion du procès du milicien Bosco Ntaganda qui se tient devant la Cour pénale internationale (CPI) afin qu’elle-même et la population locale puissent reconstruire leur vie. « J’attends des réparations parce que nous avons perdu beaucoup de biens. Nos maisons ont été incendiées », a-t-elle indiqué aujourd’hui lors d’une audience de la Cour à La Haye.

Témoignant avec un pseudonyme, le témoin P113 a raconté que les troupes commandées par M. Ntaganda avaient pillé, incendié des maisons et avaient kidnappé des civils lors du conflit ethnique qui s’est déroulé au Congo en 2002 et 2003. Elle avait assisté à l’incendie de maisons par les troupes de l’Union des patriotes congolais (UPC) lorsqu’elles la firent prisonnière.

Le témoin P113 a déclaré que, après avoir été enlevée par les rebelles,ces derniers l’avaient emmenée à Buli, puis à Sangi et ensuite à Kobu. On ignore combien de temps elle est restée en captivité. Interrogée par le substitut du procureur Marion Rabanit pour décrire l’état de Buli lorsqu’ils l’avaient quitté, elle a répondu que les maisons de la ville étaient en feu.

« Qui a mis le feu à ces maisons ? », a demandé Me Rabanit.

« Les soldats de l’UPC qui étaient avec nous ont incendié ces maisons. Il y avait même un soldat à côté de moi qui a mis le feu à une maison qui appartenait à un de mes voisins », a indiqué le témoin.

Le meurtre, le pillage et le déplacement de populations figurent parmi les 18 chefs de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité portés à l’encontre de M. Ntaganda devant la CPI. Les procureurs accusent M. Ntaganda, un ancien haut commandant de l’UPC, d’être pénalement responsable des crimes présumés commis, il y a 14 ans, à l’encontre des civils qui n’étaient pas Hema dans la province congolaise d’Ituri.

« Lorsqu’ils sont arrivés, ils n’avaient rien mais lorsqu’ils sont partis, ils avaient des biens qu’ils nous ont demandé de porter », a déclaré le témoin au sujet du pillage de Buli par l’UPC. Elle a précisé que le haut commandant de l’UPC Salumu Mulenda lui avait ordonné en personne de porter un matelas qu’il « allait prendre avec lui à Bunia », le quartier général du groupe.

Le témoin P113 a déclaré que, à l’époque des événements, il vivait dans la ville de Bambu dans la province orientale de l’est du Congo. Vers la fin de 2002, la ville avait été attaquée et occupée par les soldats de l’UPC, ce qui avait poussé les habitants à fuir la ville et ses zones avoisinantes telles que Kilolo et Lipri car « il n’y avait plus de paix et de sécurité ».

Le témoin a donné des détails de son enlèvement à huis clos. Dans son témoignage apporté en séance publique, elle a affirmé que, à Buli, ses ravisseurs lui avait ordonné, ainsi qu’à d’autres prisonniers, d’aller chercher de l’eau et de leur préparer des repas.

Le témoin P113 s’est vu accorder des mesures de protection en audience, notamment une déformation numérique de la voix et du visage lors des transmissions publiques de son témoignage. Les audiences ont été souvent tenues à huis clos pour éviter de révéler des informations relatives à son identité.

Les avocats de M. Ntaganda contre-interrogeront le témoin P113 demain matin.

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