International Justice Monitor

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Le témoin : les soldats de M. Ntaganda gardaient des prisonniers dans une fosse recouverte de plaques en tôle

Un témoin de l’accusation a raconté que les soldats de l’Union des patriotes congolais (UPC) avaient gardé « de nombreux » prisonniers dans une fosse recouverte de plaques en tôle lors du conflit ethnique de 2002-2003 qui a ravagé la République démocratique du Congo (RDC).

Le témoin P-886, qui témoigne au procès de Bosco Ntaganda, un ancien chef adjoint de l’état-major de l’UPC qui se tient devant la Cour pénale internationale a également déclaré que le groupe « terrorisait » les civils, poussant un grand nombre d’entre eux à fuir leurs maisons.

Selon ce témoin, la prison improvisée avait été creusée entre l’église catholique et le poste de police de la ville de Sayo. Il a ajouté : « Elle était recouverte de tôles ondulées et surveillée par un garde … si vous marchiez près de la prison, vous pouviez voir les soldats [gardant la fosse] ».

Interrogé par le substitut du Procureur Diane Luping pour savoir combien de prisonniers étaient retenus dans la fosse, le témoin a déclaré qu’il ne les avait pas vus en personne.

« C’est une personne qui était dans la fosse qui nous a dit qu’il y avait de nombreuses personnes dans la fosse et que pendant la nuit [l’UPC] faisait sortir certaines d’entre elles qui ne revenaient jamais », a indiqué le témoin P-886.

Le témoin a également raconté que des enfants figuraient dans les rangs de l’UPC dont les fonctions comprenaient la garde des commandants du groupe. Il a été, toutefois, incapable de donner le nom de ces commandants. Il a précisé que les enfants soldats assuraient également la garde autour des camps établis par l’UPC lorsqu’il a pris le contrôle de Sayo et d’autres villes.

Le témoin P-886 a déclaré que les soldats de l’UPC « terrorisaient » les civils et que « personne n’osait les approcher ».« »Ils avaient pillé plusieurs maisons, arrachant leurs revêtements en tôle. « Si vous portiez des bottes en caoutchouc, ils vous prenaient les bottes », a indiqué le témoin.

Selon ce dernier, lorsque l’UPC était arrivé à Sayo, les membres du groupe ethnique Lendu avaient fui et n’étaient revenus que lorsque les combattants étaient partis. Les groupes ethniques qui n’étaient pas en guerre avec l’UPC, à savoir les groupes Alur, Babira et Lugbara, étaient restés dans la zone pendant l’occupation de l’UPC.

Après que les soldats de l’UPC soient partis, des corps décomposés avaient été trouvés dans les buissons, même derrière l’église catholique. Le témoin P-886 a déclaré que certains corps avaient été découverts par des écoliers qui ramassaient de la paille. Le témoin n’a pas été en mesure d’indiquer le nombre de corps.

« Avez-vous vu les squelettes de vos propres yeux ?», a demandé Me Luping.

Le témoin a répondu, « Lorsque nous avons brulé le bush, nous pouvions trouver des crânes car les animaux sauvages avaient déjà dévoré les corps. Mais il était difficile de savoir combien il y avait de corps ».

Ntaganda est accusé de 18 chefs de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité qui auraient été commis par les troupes de l’UPC à l’encontre de la population civile lors du conflit ethnique de la région d’Ituri, en RDC.

Le procès se poursuivra demain avec le contre-interrogatoire du témoin P-886 mené par la défense

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