Procès Ntaganda : l’ancien milicien conclut son témoignage à huis clos

Cet après-midi, un ancien combattant du groupe, dans lequel l’accusé de crimes de guerre Bosco Ntaganda était chef adjoint de l’état-major, a conclu son témoignage à charge dans le procès Ntaganda qui se tient devant la Cour pénale internationale (CPI). La majeure partie de son témoignage, notamment son contre-interrogatoire mené par la défense le 13 avril, a été entendue à huis clos.

L’ancien combattant de l’Union des patriotes congolais (UPC), qui témoignait sous le pseudonyme de témoin P963, s’est présenté à la barre le 11 avril. Lors de l’interrogatoire mené par l’accusation, il a raconté les viols et les exécutions perpétrés par les troupes appartenant au groupe lors du conflit ethnique qui s’est déroulé au Congo en 2003. Il a déclaré que les soldats qui avaient commis ces crimes en parlaient ouvertement lorsqu’ils revenaient à leurs campements. Il a indiqué qu’aucun des auteurs n’avait été puni pour ces crimes.

Témoignant avec des mesures de protection, notamment une déformation numérique de la voix et du visage lors de la transmission des audiences, le témoin P963 a précisé que les victimes violées et tuées étaient des civils désarmés que les combattants avaient capturés dans la ville de Kobu, située en Ituri, une province du Congo.

Avant qu’il ne débute son témoignage, les avocats de la défense ont critiqué l’accusation quant à la manière dont la séance de préparation du témoin P963 avait été menée. Selon l’avocat de la défense Stéphane Bourgon, les procureurs semblaient intéressés lors de la séance de « s’assurer » du contenu de son témoignage.

Ntaganda est jugé devant la CPI depuis septembre dernier. Il est accusé de meurtre, de viol, d’esclavage sexuel, de pillage et d’utilisation d’enfants soldats, entre autres crimes, qui auraient été commis contre la population civile de la province d’Ituri qui n’était pas Hema lors d’un conflit ethnique qui a eu lieu en 2002 et 2003. Il a nié toutes les charges retenues à son encontre, arguant qu’il avait combattu pour le retour à la paix et la réinstallation des réfugiés.

Avant d’ajourner l’audience de cet après-midi, le juge président Robert Fremr a annoncé que les audiences du procès se poursuivraient lundi 18 avril avec la déposition d’un nouveau témoin.

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