Le témoin : les troupes de M. Ntaganda maltraitaient les membres des groupes ethniques qu’elles considéraient « comme n’étant pas des êtres humains »

Une femme prise en otage par un groupe rebelle congolais a raconté que les miliciens maltraitaient les membres d’un groupe ethnique rival qu’ils considéraient « comme n’étant pas des êtres humains » et que, notamment, ils violaient « sauvagement » des femmes et des hommes.

« Ils ont dit que les Lendu étaient des animaux sauvages inutiles et que nous pouvions faire avec eux ce que nous voulions. Ils ne sont pas humains », a indiqué le témoin P019 lors son témoignage pour l’accusation au procès de Bosco Ntaganda. L’accusation soutient que l’Union des patriotes congolais (UPC), dans laquelle M. Ntaganda était un haut commandant, visait les membres du groupe ethnique Lendu lors du conflit armé qui s’est déroulé il y a 14 ans.

Le témoin a raconté que les combattants de l’UPC avaient arrêté plusieurs personnes qui assistaient à une réunion pour la paix dans une église catholique de Sangui. Il a indiqué que les personnes arrêtées avaient eu leurs « poignets et chevilles entravés » et que certains avaient été tués par la suite. Le témoin a déclaré avoir vu quelques femmes être violées.

« Comment savez-vous que certaines de ces femmes étaient mortes ? », a demandé le substitut du procureur Julieta Solano.

« Après qu’elles aient été emmenées dans la brousse, nous ne les avons plus jamais revues », a répondu le témoin P019.

Il semble que le témoin ait été pris en otage par l’UPC à la réunion de Sangi et retenu dans une maison de la ville de Kobu. Le témoin et d’autres otages ont reçu l’ordre de transporter des « sacs contenant des objets volés ». Bien qu’il ait admis ne pas savoir quels étaient exactement ces objets volés, le témoin a déclaré que les objets provenaient de maisons appartenant à des Lendu avant qu’elles ne soient incendiées.

Lors de sa captivité, certaines femmes quittaient occasionnellement la maison pour préparer des repas pour leurs ravisseurs. Elle a déclaré que, une fois que les femmes étaient hors de la maison, elles étaient « sauvagement » violées. Selon le témoin, les combattants de l’UPC avaient également violé des hommes.

L’essentiel de la déposition du témoin P019 sa été entendu à huit clos. Les juges lui ont également accordé des mesures de protection, notamment une déformation numérique de la voix et du visage lors des transmissions publiques de son témoignage.

Le témoin poursuivra son témoignage demain matin.

 

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